Bienvenue au Café-Travail

Une place publique, comme celle d’Hénin-Beaumont le 2 juin 2012. En échange d’un verre, des artistes associés à la Générale d’Imaginaire invitent les passants à venir discuter de leur travail, de ce qui va bien et mal et de comment améliorer les choses. Avant cela, les artistes font entendre ce qu’ils ont entendu du travail des autres, précédemment. A travers eux, les téléopérateurs parlent aux métallurgistes, les salariés d’Hénin-Beaumont parlent aux professionnels de la culture à Avignon. Les échanges qui ont lieu ensuite entre artistes et salariés sont précieusement notés ou enregistrés. Ils serviront de matière première à une future petite forme théâtrale ET à un futur ouvrage en faveur d’un autre management. Dans le meilleur des cas, ces échanges seront aussi les détonateurs d’un droit d’expression sur le travail réaffirmé sur les lieux mêmes du travail.

Le « café-travail » est une démarche artistique et politique visant à débattre collectivement du travail, auprès d’une diversité de métiers et de secteurs professionnels et en touchant différents territoires, urbains ou ruraux, à travers des lieux ordinaires de passage (espaces publics) ou de rencontre (cafés). Avec cette nouvelle initiative, la Générale d’Imaginaire prolonge son engagement en faveur de la reconnaissance de la parole des gens et surtout de sa reconnaissance comme moteur pour transformer la société.

En France, le travail occupe une place centrale dans la vie des gens. Être privé d’emploi, être salarié et ne pas pouvoir débattre des difficultés de son travail pour préserver sa qualité, tout cela est néfaste pour la santé des gens, parfois très gravement néfaste. Débattre du travail – de son contenu, de son organisation, du management, des des rapports avec les autres – est nécessaire au regard de la santé publique et plus largement du développement d’une société soutenable. C’est au regard de ces enjeux et parce qu’il manque aujourd’hui cruellement d’espaces d’expression et de débat sur le travail concrètement vécu par les salariés que la Générale d’Imaginaire  essaie, à son niveau, d’imaginer autre chose. Cet autre chose s’appelle donc « café-travail ».

Nous partons du principe que parler de son travail, c’est être déjà dans une posture réflexive par rapport à  celui-ci. Ici, la notion de « pouvoir d’agir » ou d’«empowerment » est centrale. Il ne s’agit pas  simplement de donner à voir mais bien d’offrir à celles et ceux qui travaillent des espaces pour s’emparer des problématiques du travail et être force de proposition pour créer collectivement d’autres manières d’organiser le travail, de le manager et de préserver la possibilité de faire un travail « de qualité ».

 

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